LE MOT DE LA PRESIDENTE

DSC_0795La crise du monopole de l’État sur les moyens de communication et son corollaire, notamment l’instauration des régimes de démocratie pluraliste impose la création d’instances de régulation des médias dans plusieurs Etats en quête d’une démocratie.

Dès lors, se pose la double question de la distribution de cet espace médiatique et celle de son encadrement. Autrement dit, comment gérer l’accès équitable des citoyens, des partis politiques, des différents courants de pensées et même des autres forces en présence au niveau des médias d’État et d’autres moyens d’information et d’expression, et surtout organiser la libéralisation du nouvel espace médiatique en Afrique ?

Le développement des autoroutes de l’information, notamment les progrès spectaculaires dans le domaine de la communication (explosion de certains vecteurs comme les câbles, les fibres optiques, les satellites et Internet) viennent, en plus, souligner le caractère archaïque de l’utilisation de la presse et la communication (audiovisuelle, imprimerie, internet).

Là s’impose la nécessité d’une mutation du paysage médiatique.

Depuis la libéralisation brusque et tardive de l’espace audiovisuel en Guinée (2005), plusieurs opérateurs privés affichent leur intention de s’investir dans l’audiovisuel et autres domaines de l’information et de la communication.

L’explosion de la presse écrite en République de Guinée a été suivie de la création spontanée de radios puis de télévisions privées dont les premières licences ont été obtenues le 03 octobre 2006, et récemment de la presse en ligne et autres médias sociaux.

Dès lors, il se pose la question de la distribution de cet espace audiovisuel limité entre les nombreux candidats à la création de stations émettrices de radiodiffusion et de télévision.

Comment encadrer juridiquement ce secteur afin de protéger les auditeurs et les téléspectateurs contre les groupes de pressions politiques, économiques et religieux ? Comment assurer l’accès équitable des partis politiques, des organisations non gouvernementales et des citoyens aux médias ?

Bref, comment organiser et gérer la libéralisation de l’espace médiatique ?

Pour répondre à ces préoccupations devenues pressantes, la République de Guinée, à l’instar de plusieurs États Africains, s’est dotée de textes juridiques définissant les modalités de jouissances de la liberté d’expression et de fonctionnement des acteurs concernés en créant l’instance de régulation des médias.

Il s’agit de la loi L02/CNT du 22 juin 2010 sur la Liberté de la Presse et de la loi L03/CNT du 23 juin 2010 portant attributions, compositions, organisation et fonctionnement de la Haute Autorité de la Communication (HAC).

La Haute Autorité de la Communication, Instituée conformément aux articles 7 et 125 de la constitution est un organe juridictionnel chargé de réglementer le secteur, d’assurer un équilibre entre les intérêts des différentes forces en présence, d’arbitrer au besoin entre ces intérêts et de réprimer éventuellement les infractions.

La Haute Autorité de la Communication (HAC), Institution constitutionnelle, a pour vocation de garantir la liberté de la communication et de contribuer au pluralisme médiatique en Guinée conformément à l’alinéa 2 de l’article 1er du titre 1 de la loi L02/CNT du 22 juin 2010 portant liberté de la presse, qui dispose :

« Tout citoyen guinéen a le droit de créer, de posséder, d’exploiter une entreprise de presse, d’édition et des librairies, un organe de diffusion, d’information, d’idées et d’opinions sous réserve du respect de l’éthique et de la déontologie, de la dignité humaine et des droits de la personne, du caractère pluraliste de l’expression des courants de pensées et d’opinion. L’exercice de cette liberté ne peut être limité que par la loi pour la sauvegarde de l’ordre public et des exigences de l’unité nationale. »

L’exercice de cette liberté ne peut être limité que par la loi pour la sauvegarde de l’ordre public et des exigences de l’unité nationale.

C’est à cette tache que s’attèle la Haute Autorité de la Communication (HAC) qui jouit d’une autonomie administrative et financière.

Martine CONDE

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>